Chapitre 9

Chapitre 9


L'échographiste quitte la pièce, fermant discrètement la porte derrière lui, me laissant seul avec Tom. Je ré-enfile alors lentement mon T-shirt noir, tout en repensant aux événements de ces dernières minutes.

L'instant où nous avons entendu les battements du c½ur du bébé était juste...magique. Oui ce mot enrobé de douceur et de sentiments exacerbés pourrait bien décrire toutes les émotions qui m'ont traversées à ce moment-là.

Ces petites pulsations résonnaient dans ma tête en parfaite harmonie avec mon propre rythme cardiaque...Et je sais que Tom a ressentit la même chose, la petite moue surprise qui s'est affiché sur ses traits pendants quelques secondes, en est la preuve formelle.

Machinalement, je passe une main sur mon ventre. Un ventre encore si plat.

2 mois déjà que notre bébé s'étale dans mon ventre et dans mon c½ur, mais pour l'instant il ne semble pas vouloir se manifester. Peut être à t'il compris la situation délicate à laquelle j'allais devoir me confronter, lorsqu'il déciderait de pointer le bout de son nez ?

Un homme avec un ventre rebondi...personne ne comprendra. Je m'enfonce chaque jour un peu plus, dans une situation qui ne pourra que provoquer l'incompréhension de mon entourage. Et les regards peuvent être aussi cruels que les mots, je le sais bien. Il faudrait que je me protège de tout cela : je dois faire attention à moi, à présent.

Tom s'avance alors vers moi, me prenant délicatement dans ses bras avant de poser son front contre le mien. Son regard dérive alors vers mon ventre pâle, et je le vois se mordiller la lèvre. « Tu n'as pas encore beaucoup grossi ».

J'hausse un sourcil, faussement vexé. « Tu ne me trouveras plus aussi mignon avec mon gros ventre, alors ne sois pas si pressé Tomi ». Il émet un léger rire avant de raffermir sa prise contre mon corps encore si mince, ma joue s'écrasant contre son torse. « Ne dit pas de bêtise Bill... ».


[...]

Un tintement sonore précède l'ouverture des portes de l'ascenseur. J'avance de quelques pas, avant de me retrouver devant cette porte en bois foncé, sur laquelle trône fièrement une plaque dorée : Mr. D-T obstétricien.

Je m'assois dans un fauteuil de la salle d'attente, observant Tom feuilleter un journal sportif. Dans mes mains, les échographies. Des clichées encore flous mais dans lesquels ont peut tout de même distinguer une petite forme humaine.

Quelques minutes plus tard, il nous reçoit dans son grand bureau moderne, avec aquarium et baie vitrée qui donnent sur les avenues de New York. Son grand bureau nous fait face, et après avoir redressé ses lunettes il se saisit des clichées en noir et blanc, avant de les poser sur une plaque luminescente qui émet une forte lumière blanchâtre.

L'image devient alors beaucoup plus nette, et je le vois retracer les contours de l'embryon du bout de son stylo, fronçant les sourcils tout en cherchant à détecter la présence d'éventuelles anomalies. Et même si l'échographiste nous a déjà rassuré sur ce point, je ne peux m'empêcher de serrer les dents.

Au bout de quelques minutes, il nous annonce finalement que tout semble se dérouler correctement. Notre bébé mesure environ 3 cm et pèse entre 2 et 3g. Une vraie petite crevette. Et selon lui, son nez mais aussi ses mains et ses pieds sont parfaitement formés.

Mais j'avoue ne pas avoir réussi à tout discerner sur l'échographie. J'étais un peu honteux, mais en voyant Tom plisser lui aussi les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose, je me suis sentit rassuré.

« Et sinon Bill, des douleurs particulières ? Maux de tête ? Fatigue ? ». Je crois que c'est le moment de lui parler de mes nausées. « Et bien...depuis quelques temps j'ai des nausées de plus en plus violentes ».

Il hoche de la tête avant de se saisir d'une feuille. « Les nausées sont plutôt fréquentes lors d'une grossesse. Quant à leur violence, ce n'est pas courant, mais dans ton cas je pencherais pour une réaction de ton organisme face à ce corps qu'il considère comme « étranger ». Essaie de faire des repas plus légers, mais plus rapprochés. Et favorise les féculents comme les pâtes et le riz, ou alors des soupes de légumes ».

Je souris malicieusement : je sens que Tom va devoir se mettre rapidement aux fourneaux.

[...]

Nous voilà de retour à notre appartement. Je suis encore un peu essoufflé de notre montée quelque peu rapide, des escaliers. Dire qu'il y a encore quelques semaines je gravissais les marches en courant, maintenant je me traîne.

Je m'assois à même le tapis, adossant mon dos contre le bas de notre fauteuil, étendant avec délice mes jambes sur la surface moelleuse. Un silence apaisant s'installe alors dans la pièce, et je ferme doucement les yeux.

Mais ma quiétude prend rapidement fin, lorsque j'entends le portable de Tom vibrer. J'entrouvre alors légèrement un ½il endormi, cherchant à localiser la source de ce bruit désagréable. Je vois alors le téléphone bouger légèrement sur la table basse, les lumières de ses touches clignotant de manière continue.

Je me saisis alors prestement de l'appareil, avant de fixer les quelques lettres inscrites sur l'écran. Et ces deux syllabes suffisent à me réveiller complètement. « Maman ». Ma gorge se serre, et mes doigts se crispent sur mon jean brut.

C'est à ce moment là que Tom arrive dans le salon, et devant ma mine déconfite, il comprend très rapidement la situation. « Bill...donne moi le téléphone s'il te plait ». Sa voix est douce et je lui tends d'une main tremblante le portable.

Il me sourit alors tendrement, avant se diriger vers notre chambre, cherchant à m'éviter une discussion que je ne souhaite pas encore avoir avec notre mère.

Mais avant qu'il ne ferme la porte, j'ai le temps d'entendre ces quelques mots : « Allo maman ? Oui c'est Tom... ». Cette phrase résonne douloureusement au creux de mon oreille.

En deux semaines, je n'ai parlé qu'une seule fois à ma mère. Prétextant à chaque fois une quelconque occupation, avant de tendre le téléphone à Tom pour aller me réfugier dans notre chambre ou me rouler en boule sur le canapé du salon.

Au début, Tom n'a pas compris la raison de ce rejet. Il ne pouvait envisager le fait que je souhaite couper tout contact avec elle. Mais il ne s'agit pas de cela : je n'arrive tout simplement plus à lui parler normalement depuis que nous sommes à New York.

J'ai l'impression que la moindre de mes paroles pourraient trahir la véritable raison de notre présence ici. Et je ne suis pas encore prêt à tout lui avouer.

Je ne sais pas si je le serais un jour, mais le temps m'est à présent compté. Même si il souhaite me ménager du mieux qu'il le peut, Tom sait aussi bien que moi, que nous allons devoir annoncer ma grossesse à nos parents avant que je n'accouche.

Ils ne seront grands parents qu'une seule fois dans leur vie, nous ne pouvons donc pas leur cacher un événement d'une telle importance. Même si cette nouvelle risque de briser notre famille. Même si nous sommes rejetés. Et même si les Etats-Unis risquent fort de devenir notre terre d'exil.

Notre terre d'asile.

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Voilà =)


J'ai traînée un peu pour poster, mais j'ai eu une semaine chargé ^^

Bref, un grand merci pour tout vos commentaires =)

J'espère que cette suite vous plaira, je préviens tout le monde plus tard, là je viens d'entendre In die Nacht au téléphone, et j'ai eu une superbe review du concert, de la part de mon anchois <33 (MERCI) bref, j'ai un sourire niais collé aux lèvres et je suis dans l'incapacité de rester assise encore une minute de plus =)

Bisous<33
Lucy**

Edit du 25/03 : Un énorme merci pour tout votre soutien, mais je suis actuellement en période d'examen, je ne pourrais donc pas écrire la suite avant la semaine prochaine, veuillez m'en excuser. Bisous<3 Lucy**

Edit du 8/04 : Enorme retard je sais, j'ai commencé à écrire, le chapitre sera là au maximum vendredi prochain ! Bisous<3 Lucy**

Oui je suis impardonnable, et je m'en excuse, mais en ce moment je n'ai pas vraiment le temps, je boucle mon première fiction, et je n'ai pas vraiment la tête au M-Preg non plus. Mais je la finirais. Elle ne sera pas très longue je vous préviens voilà =)

Bisous<3
Lucy**

# Posté le vendredi 14 mars 2008 17:48
Modifié le samedi 26 avril 2008 05:40